Dimanche 11 septembre 2005

Apple : Pourquoi le nouvel iPod est-il si cher en France ?Mardi dernier, la France découvrait le nouvel iPod Nano, un petit bijou de lecteur mp3, ultra fin et doté d'une mémoire flash de 2 ou 4 GB. Son prix annoncé aux Etats-Unis : respectivement 199 et 249 $. Un peu cher, sans doute, mais on pouvait l'estimer encore raisonnable. Seulement, quelques heures plus tard, le Nano faisait son apparition sur l'Apple Store français, à des prix pour le moins surprenants : 249 € pour la version 2 Gb, 319 € pour la version 4 Gb.

La mémoire flash en cause

Un prix d'autant plus choquant que le iPod classique d'une capacité de 20 Go est annoncé sur le même site à 329 €. De lecteur mp3 de prestige, le Nano deviendrait ainsi un produit trop cher pour ce qu'il est. Pourquoi une telle hausse de prix ? Ce n'est pas la faute d'Apple. Ce n'est pas plus la faute d'une directive européenne ou d'un taux de conversion, le prix dans les autres pays d'Europe étant le même qu'aux Etats-Unis. Le responsable s'appelle redevance pour copie privée.

Ou plutôt une subtilité de cette redevance. Calculée par la Commission d'Albis, elle est censée taxer les supports de stockage pour percevoir une compensation à la copie privée. Or, la redevance est appliquée à un taux différent selon les supports : les tarifs sont différents selon que l'on achète un CD, un DVD, et un appareil à mémoire flash est bien plus lourdement taxé qu'un appareil à disque dur.

Pénaliser le marché ?

Ainsi, le iPod Nano entre dans la catégorie des appareils à "mémoire dédiée, mémoire flash non extractible et 4 Go", taxé de 0,34 € par tranche de 32 Mo. Si le Nano avait eu un disque dur, il serait entré dans la catégorie "appareil à disque dur de moins de 5Go", explique le site Generation mp3, premier à évoquer cet écart. La redevance aurait été de 8 euros, contre... plus de 50 euros.

Chez Apple, lors de la présentation du produit à la presse, le responsable Europe de la communication déplorait cet état de fait : "C'est déjà mauvais pour notre image. Mais c'est aussi mauvais pour les ventes en France qui vont se déporter dans les pays voisins. Surtout, cette taxe va pénaliser tout un marché émergent, celui des lecteurs flash à grande capacité. Les autres constructeurs en souffriront aussi : ce n'est plus adapté à la réalité du marché".

Une redevance bientôt révisée

A la Sorecop, organisme chargé de récolter cette redevance, on a vite pris connaissance du souci : "ce mode de calcul, sur les mémoires flash, a été voté en 2001, à une époque où l'on ne connaissait pas le développement économique actuel de ce marché, et où les mémoires flash ne dépassaient que rarement les 64 Mo", explique son secrétaire général, Charles-Henri Lonjion.

Il reconnaît donc que ce calcul, alourdi par "un effet mécanique dû à une rémunération proportionnelle à la capacité", est caduc. "Dès le mois de juin, nous avons d'ailleurs fait une nouvelle proposition qui doit être débattue prochainement au sein de la commission, et qui ramènerait la taxe sur l'iPod Nano à 8 €". Un hoquet de calendrier qui pénalisera donc surtout Apple et ses clients.

par Karl LAMEYNARDIE publié dans : Audio / Video
Vendredi 29 juillet 2005

Les grands studios de cinéma adoptent une même norme numériqueLes plus grands studios de cinéma de Hollywood se sont mis d'accord sur une norme commune pour la projection numérique de films en salles, ce qui pourrait signer à terme la fin de la bonne vieille pellicule de 35 mm.

Digital Cinema Initiatives (DCI), une société en participation croisée des principaux studios de cinéma américains, a annoncé mercredi qu'elle avait établi une norme numérique commune destiné aux fabricants de matériels de projection.

"Nous avons désormais une norme unifiée qui permettra aux fabricants de créer des matériels utilisables dans tout les Etats-Unis et, nous l'espérons, dans le monde entier", a déclaré Walt Ordway, responsable de la technologie au sein de DCI.

DCI a été créée en mars 2002 par les studios Disney, Fox, Paramount, Sony Pictures Entertainment, Universal et Warner Bros., les six entreprises de cinéma américaines les plus puissantes, surnommées les "majors".

Tous ces studios ont immédiatement salué la percée que représente cet accord, qui signifie sans doute à long terme la fin des séculaires pellicules de 35 mm et à court terme la projection de films d'une qualité technique sans faille, même après des dizaines de séances.

"Alléluia, il était temps!", a ainsi réagi le metteur en scène Robert Zemeckis, auteur de la série "Retour vers le futur" et dont le film "Polar Express" avait été filmé en format numérique en 2004.

Un écueil de taille subsiste encore sur le chemin du succès du cinéma numérique, les studios et les exploitants de salles ne s'étant pas encore mis d'accord pour savoir qui financera le coûteux remplacement des projecteurs classiques par des appareils numériques dernier cri.

"Ces spécifications devraient permettre de fournir un socle commun afin de développer les innovations et d'encourager les acteurs du marché qui auraient été réticents à investir dans une technologie peut-être non viable", s'est toutefois félicité M. Ordway.

Au fur et à mesure que le marché s'agrandira, le prix des équipements et de leur installation diminuera au point que "ce problème (du coût) n'en sera plus un", a-t-il ajouté.

Des responsables des "majors" ont par ailleurs annoncé qu'ils avaient l'intention de sortir rapidement des films en format numérique.

"Avec ce format essentiel désormais mis en place, nous prévoyons de diffuser ces films en deux formats d'ici à la fin de l'année 2005: 35 mm et DCI", a indiqué le responsable de la distribution chez Warner Bros., Dan Fellman.

Selon des experts, ce nouveau format aidera Hollywood, qui lutte actuellement pour reconquérir l'affection du public aux Etats-Unis, à se mesurer à d'autres médias comme les DVD et l'internet en améliorant la qualité visuelle de ses films.

"Aller au cinéma reste une expérience unique, mais pour continuer à attirer un public important, les salles doivent dépasser les médias concurrents", a remarqué Charles Swartz, du Centre de la technologie du divertissement de l'Université de Californie du sud à Los Angeles, interrogé par l'AFP.

John Fithian, président de l'Organisation nationale des propriétaires de salles de cinéma, a décrit pour sa part l'établissement de la norme comme "une étape importante pour faire passer le cinéma numérique dans la réalité".

Cette avancée technologique a également été saluée par deux poids lourds de l'industrie cinématographique américaine, George Lucas et Rick McCallum, pionniers de la projection numérique avec "Star Wars: Episode II, l'attaque des clones" en 2002.

Cette décision marque "un pas de géant pour ceux d'entre nous qui créent des films et peut-être plus important, pour tous ceux qui les voient", ont-ils affirmé dans un communiqué commun.

par Karl LAMEYNARDIE publié dans : Audio / Video
Samedi 9 juillet 2005

Apple propose depuis la semaine dernière une nouvelle version de son logiciel iTunes. Sa principale nouveauté réside dans l'intégration du PodCasting. Pour beaucoup, c'est une révolution, la preuve que cette technologie, née il y a quelques mois à peine, est prête pour le grand public.

Le mot Podcast est un néologisme, contraction de iPod et de Broadcast (diffusion) : il s'agit de diffuser des émissions audio sur les lecteurs mp3. Tirant profit de la technologie RSS, le podcasting permet de s'abonner à des sites, d'être alerté et de télécharger automatiquement sur son baladeur des émissions en mp3, et de les écouter librement. On appelle un Podcast une émission régulière diffusée grâce à cette innovation.

QUELQUES PODCASTS

iTunes 4.9 : www.apple.com/fr/itunes

Podcasts français : http://www.podcasteur.com

http://blog.saint-elie.com/

http://podaufeu.free.fr

Podcasts anglais :

http://www.cbcradio3.com

http://www.coverville.com

La force du podcasting est moins dans sa technologie que dans ce qu'elle a suscité. A peine est-elle née que des milliers d'internautes ont conçu leurs propres émissions de radio amateur, depuis chez eux, avec leur ordinateur, un micro et un petit logiciel de traitement du son. Parmi eux, des passionnés de musiques qui ressortent les vieux vinyles des cartons, des éditorialistes politiques, des spécialistes de la high-tech ou des reprises de standards… Leurs podcasts ont également trouvé leur public. On compterait, selon le site FeedBurner (qui recense les flux RS), plus de 6.000 podcasts, et les 10 plus populaires sont écoutés par des dizaines de milliers de personnes.

La France n'est pas en reste. On peut citer le travail du Podcasteur, ancien journaliste radio au chômage qui a retrouvé un moyen de s'exprimer grâce au podcast : il réalise, seul, une émission d'information de dix minutes chaque jour, avec à chaque fois une interview.

par LAMEYNARDIE publié dans : Audio / Video
Jeudi 23 juin 2005

On a longtemps considéré le DivX comme le cousin "vidéo" du mp3. Comme ce dernier, il s'agit en effet d'un format (plus précisément d'un "codec") de compression qui réduit certes la qualité de ce qu'il reproduit, mais facilite sa circulation et doit sa popularité aux réseaux peer-to-peer sur lesquels s'est d'abord faite cette circulation.

Mais alors que le mp3 n'a pas bougé d'un iota, et est aujourd'hui cerné par plusieurs concurrents, le DivX a grandi et pourrait bien se révéler un format de choix dans l'avenir. La sixième version du codec, sortie la semaine dernière, illustre bien le pas de géant qu'a fait l'invention de Jérôme Rota, ingénieur français aujourd'hui basé en Californie, à la tête d'une société qui emploie 180 personnes.

"Aller au delà du DVD"

Outre une meilleure qualité de compression, DivX6 apporte surtout l'interactivité : il est désormais possible de créer des menus interactifs, d'inclure plusieurs pistes audio et fichiers de sous titres. Comme sur un DVD ? "On a surtout fait ce que nos utilisateurs nous réclamaient, préfère dire Jérôme Rota. Aujourd'hui, ça ressemble à du DVD, mais nous voulons aller plus loin, notamment dans l'utilisation d'internet dans les menus et l'interactivité, de créer des fichiers dont le contenu pourrait évoluer avec le temps, par exemple…".

La confiance des studios

Ce nouveau format porte enfin l'extension .divx et DivX Networks compte sur les fabricants de lecteurs pour l'adopter dans leurs nouveaux modèles et mettre à jour le parc existant : "c'est pour nous le marché le plus important, affirme Jérôme Rota, le public préfère toujours regarder un film dans son salon". Si DivX semble un format de choix pour le développement de la vidéo à la demande, la société se concentre surtout sur des services accessibles depuis la platine. Et travaille de plus en plus sur des "systèmes fermés", "par exemple la diffusion de films dans les avions ou les hôtels".

Autant de choses qui, accompagnées d'un travail permanent sur la gestion des droits numériques, aident peu à peu à DivX à gagner la confiances des studios de cinéma : "La MPAA (syndicat des studios) a agréé la sécurité de notre format", explique Jérôme Rota : "nous avons eu beaucoup de barrières à sauter, mais l'ampleur du parc matériel compatible avec le codec nous a aidé à convaincre Hollywood".

Les affaires vont en tout cas bien pour DivX Networks : 150 employés en mars, 180 en juin, sans doute 200 d'ici la fin de l'été : "on a déjà pris un étage, on va sans soute devoir déménager en décembre". Dur...

par Karl LAMEYNARDIE publié dans : Audio / Video
Lundi 28 mars 2005
Nouveau mode de diffusion de télévision, la télévision numérique terrestre (TNT), qui fera ses débuts le 31 mars, en annonce d'autres, car les opérateurs planchent sur la télévision mobile et la télévision haute définition (TVHD).

Pour les trois quarts des Français, qui ne reçoivent actuellement que sept chaînes gratuites, la TNT représentera un saut qualitatif. Ils pourront recevoir à la fois une meilleure image (544 ou 720 pixels sur 576 lignes) et un meilleur son (Dolby 5.1) et accéder à une offre de programmes élargie.

Mais les différents modes de diffusion et de consommation de la télévision sont en pleine explosion.

Près d'un quart des téléspectateurs français reçoivent la télévision par le câble ou le satellite, en mode analogique ou numérique.

En outre, la télévision reçue par ADSL (par la ligne téléphonique) a commencé à se déployer en France fin 2003, mais ce mode de réception reste encore mineur (quelques dizaines de milliers de clients par opérateur).

Enfin les téléspectateurs peuvent aussi retrouver des programmes sur internet, en utilisant leur ordinateur personnel comme un récepteur de télévision.

Si la "télé sur le canapé" au rythme des grilles de programmes reste la façon la plus courante de regarder le petit écran, la consommation à la carte est possible avec un décodeur-enregistreur qui stocke plusieurs heures de programmes et permet d'arrêter une émission en cours de diffusion et de la relancer, comme on peut le faire avec une vidéo-cassette.

Cette offre haut de gamme se limite encore à une clientèle réduite (près de 37.000 clients pour le Platinium de TPS, près de 75.000 abonnés pour le Pilotime de Canal+).

Le téléphone mobile devient aussi un récepteur de télévision, limité pour l'instant à des programmes courts par "streaming" (diffusion en flux), en attendant, dans un futur que les opérateurs estiment proche, la télévision en direct sur les téléphones mobiles, mais peut-être aussi sur des appareils spécialement conçus.

Il s'agit de faire de la télé un média aussi nomade que la radio, qui pourrait être regardé dans les transports ou les salles d'attente... si les consommateurs se laissent séduire.

Pour Emmanuel Charonnat, directeur général de l'agence de conseil Carat TV, la télé mobile c'est "une consommation de télé à des endroits et à des moments où on ne la regardait pas avant, et certainement aussi sur des populations qui regardent assez peu la télévision, qui sont les jeunes et les CSP+ (les catégories socio-professionnelles aisées, ndlr)".

Autre évolution technique imminente, la TVHD, dont l'image et le son seront de qualité encore supérieure. Mais le coût de l'équipement ne la rendra pas accessible d'emblée à tous. On peut déjà recevoir en France par satellite la chaîne belge en HD Euro 1080.

Les chaînes de télévision commencent à produire en HD pour constituer des stocks. Le programme court "Kaamelott" de M6 ou encore le feuilleton de l'été 2005 de TF1, "Dolmen", sont produits en HD. Retransmise en HD, la Coupe du monde de football de 2006, diffusée par TF1, pourrait être une occasion de s'équiper pour les téléspectateurs. Les bouquets TPS et CanalSatellite lanceront une offre en HD à la rentrée.

Une objection cependant, le succès de la HD suppose des émissions à la hauteur. "Si vous montrez un talk-show avec du carton-pâte derrière, aujourd'hui ça ne se voit pas trop. Mais en haute définition ça se verra", souligne M. Charonnat.
par Karl LAMEYNARDIE publié dans : Audio / Video
 

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