
"Le plus beau cadeau jamais offert par un journal". Le quotidien britannique Mail on Sunday qui s'apprête à offrir à ses lecteurs le dernier opus du chanteur Prince ne boude pas son bonheur et le répète à l'envi pour y croire : "La version complète de 10 titres du dernier album de la superstar du rock Prince sera totalement gratuite dans tous les exemplaires du journal".
Le quotidien a ouvert un site Internet spécialement dédié à l'évènement et déjà son scoop fait grincer des dents, d'autant que Prince a aussi prévu d'offrir son nouvel album à tous les spectateurs de ses concerts. Aux dernières nouvelles, il aurait même renoncé à le distribuer chez les disquaires. Qui se fâchent tout rouge.
"Précédemment disponible chez les disquaires"
Dans les colonnes du quotidien, le porte-parole d'une important association de disquaires perd son flegme mais pas son humour très british : "lLArtiste Précédemment Connu sous le Nom de Prince devrait savoir qu'avec une telle attitude il sera bientôt l'Artiste Précédemment Disponible Chez Les Disquaires". Une référence au nom porté par l'artiste dans les années 90 lorsqu'il se faisait désigner par ce symbole :
. "Voilà un nouvel exemple de cette culture du supplément gratuit qui détruit tout idée de valeur des enregistrements musicaux" s'emporte-t-il encore. Chez HMV, la Fnac anglaise, qui s'exprimait avant la confirmation de la nouvelle, le ton n'est pas plus contenu. "Ce serait complètement timbré. Nous n'y croyons pas. Ce serait de la folie furieuse".
Contactée par LCI.fr, la filiale française de Sony BMG semblait tomber des nues. "Nous ne sommes pas au courant. Prince a résigné avec nous et c'est une grosse sortie". La FNAC ne semblait pas plus avancée et ne compte pas a priori modifier ses plans de distibution pour la sortie prévue en france le 24 juillet.
Faut-il donc conclure à un coup de tête de l'interprète de Purple Rain? Probablement pas. Depuis le début des années 90, et son retrait de l'industrie musicale - symbolisé par le choix de ce symbole (
) imprononçable pour le représenter, Prince a pris un malin plaisir à sortir des sentiers battus. En autoproduisant des albums sortis confidentiellement, par exemple, et en les défendant dans de petites salles. Lorsqu'il redevient "Prince" en 2000 et signe de nouveau avec des grandes maisons de disque c'est uniquement pour des accords de distribution limités. Sans jamais perdre la main sur son travail.
Celui qui est capable de jouer de plus de vingt instruments vient de prouver qu'il n'a pas son pareil pour créer un buzz. Mais pas seulement. Au moment où la musique lutte pour trouver un nouveau modèle économique, à l'ère du piratage et de la musique dématérialisée, Prince innove. En "lâchant" ses rétributions sur le support matériel pour se rattraper, peut-être, sur une tournée triomphale. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.
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